HISTOIRE DE L'ADVENTISME

L’Eglise Adventiste s’inscrit dans l’héritage spirituel des réformateurs de la fin du XVIIIème siècle. A cette époque, des prédicateurs appellent à la réforme des mœurs.

Dans le même temps, des groupes d’études se forment et tentent de répondre à la question : Quand aura lieu la fin du monde ? C’est aux Etats-Unis d’Amérique que la question aboutit à son développement le plus complet.

William Miller, pasteur baptiste est celui qui incarne le dynamisme de la prédication eschatologique.

Il commença à partager ses découvertes qu’à partir de 1831. Très vite il se trouva engagé dans un vaste mouvement de réveil. La prédication du proche retour de Christ conduisait les croyants à se préparer pour cet événement solennel. Pendant quatre ans, il parcourut villes et villages, répondant aux invitations qui lui étaient adressées. Il prêcha plus de huit cents sermons, et de nombreuses communautés acceptèrent son message. Ne pouvant suffire à la tâche, Miller reçut l’aide de plusieurs pasteurs.

Joshua Himes, pasteur baptiste, devint le publiciste du mouvement. Il fonda une imprimerie et publia Signs of the Times, une revue à large diffusion. Puis, The Midnight Cry qui fut tiré à New York à dix mille exemplaires par jour. Des brochures furent répandues à plus de cinq millions d’exemplaires.

Josiah Litch, pasteur méthodiste, devint rédacteur en chef du Signs of the Times. Charles Fitch, pasteur de l’Eglise presbytérienne libre, était comme les deux autres un ardent anti-esclavagiste. Il apporta son soutien à Miller en diffusant un hebdomadaire dans les Etats de l’Ouest. Exclu de son Eglise, il préconisa à ses lecteurs de “sortir de Babylone”,  c’est-à-dire des Eglises protestantes. A ces trois pasteurs s’ajoutèrent en particulier Joseph Bates, un officier de marine, auteur d’importants ouvrages sur la période qui suivra la déception de 1844, et Sylvester Bliss, apologète de W. Miller et de ses idées.

Ceux qui adhérèrent à ses convictions se définirent comme « adventistes » (originaire du mot anglais Advent) pour exprimer que leur foi était fondée sur l’attente du retour du Christ et de son règne.

William Miller avait fixé la date du retour du Christ entre l’automne 1843 et le printemps 1844. Pour tenircompte du calendrier juif, il repoussa la date au 22 octobre 1844. Toujours lucide et prudent, Miller s’opposa au fanatisme que provoquait l’enthousiasme de certains. Le 22 octobre, près de cent mille personnes attendirent avec foi l’évènement. Un historien, John B. Mc Master, estima que près d’un million de personnes sur les dix-sept que comportaient les Etats-Unis, accordèrent leur faveur au mouvement, dont pas loin d’un millier de pasteurs. Mais le 23 octobre, ce fut la grande déception. Le Christ attendu avec tant de foi, ne revint pas. Le 10 novembre 1844, par une déclaration officielle faite à Boston, les responsables reconnurent leur erreur quant à l’interprétation de l’évènement, sans remettre en cause la chronologie.

Certains renoncèrent à leur espérance et abandonnèrent le mouvement. Une bonne moitié des Millérites réintégrèrent leurs Eglises d’origine. Le reste, désorganisé, se regroupa ici et là, autour de certaines personnalités. Certains groupes se mirent à fixer de nouvelles dates. L’esprit de consécration se perdit peu à peu dans la controverse. Miller poursuivit son intense activité, consolant les uns, affermissant la foi des autres dans une proche Parousie, mais non datée. Il mourut aveugle, le 20 décembre 1849.

Cependant, l’échec du mouvement ne signifiait pas l’échec du message. De petits groupes subsistaient, approfondissant leur expérience religieuse. Les uns arrivèrent à la conviction que le sanctuaire mentionné dans Dan 8,14 était, selon l’Epitre aux Hébreux et le livre du Lévitique, le sanctuaire céleste. D’autres, que la fidélité à la Parole de Dieu incluait l’observation du quatrième commandement du Décalogue, le sabbat. D’autres enfin, furent encouragés à persévérer dans l’étude de la Bible et l’espérance du retour de Christ par les visions d’une jeune fille nommée Ellen Gould Harmon. La rencontre de ces trois tendances, dans les années 1845-1848, constitua les prémices de l’Eglise adventiste du septième jour.

Nombre d’Adventistes avaient été rejetés de leur église pour avoir partagé les vues de William Miller. Quelque peu désorientés, ils se retrouvèrent pour prier ensemble et étudier la Bible. Partageant leurs découvertes et militant contre les tendances extrémistes, certains se regroupèrent autour de Joseph Bates, Hiram Edson, James White, et des hommes cultivés tels que John N. Andrews, John Loughborough et Uriah Smith. James White, jeune instituteur et excellent organisateur, contribuera le premier à l’unité des groupes par la publication d’un journal: Present Truth (La Vérité présente).

Il faut attendre 1853 pour voir la première tentative d’organisation par l’attribution de lettres de recommandation aux prédicateurs itinérants. A cette époque, nul ne voulait entendre parler d’organisation, l’amour fraternel devant être le lien suffisant pour unir les Adventistes. Mais bientôt, compte tenu de l’ampleur prise par les publications, il fallut se donner une identité juridique. Quelques assemblées générales donnèrent au groupe le sentiment d’une cohésion. En 1859 l’une d’entre elles adopta le principe de la dîme pour subvenir aux besoins des prédicateurs.

En 1861, l’assemblée générale se dota d’une organisation administrative et prit le nom d’Eglise adventiste du septième jour. Adventiste, parce qu’elle voulait maintenir vivante en son sein l’espérance du retour du Christ. Du septième jour, parce que l’attente impliquait à leurs yeux l’obéissance aux commandements de Dieu, y compris le quatrième qui exige le repos du septième jour de la semaine. L’assemblée représentait alors 3.500 Adventistes conduits par 30 pasteurs et regroupés dans 125 Eglises. Sous l’impulsion de ses chefs et d’Ellen G. Harmon devenue l’épouse de James White, cette toute jeune Eglise devait connaître un rapide essor.

Une attention toute particulière est à donner à Ellen White, compte tenu du rôle central de son ministère au sein de l’Eglise adventiste.

Les premiers Adventistes du septième jour étaient localisés dans les Etats de Nouvelle-Angleterre. Vers 1850, on relève l’existence de groupes à Portland, Paris, Boston, Oswego, Rochester. Puis Joseph Bates fonde des groupes au Canada. D’autres diffusent dans l’Ouest, limité à l’époque à la région des Grands Lacs. La ruée vers l’or entraînera quelques Adventistes vers la côte du Pacifique. Un délégué de Californie sera déjà présent à l’assemblée générale de 1868. Une fédération des Eglises de Californie sera constituée en 1873. Compte tenu des positions anti-esclavagistes des premiers Adventistes, l’extension vers le Sud se fera très lentement.

Il  n’y avait pas, au début, de stratégie globale de pénétration. Simplement un désir de répandre un message. Les moyens employés étaient essentiellement la distribution d’imprimés et des ‘camp-meetings’, grandes convocations sous une tente pouvant réunir jusqu’à dix mille personnes. Nul n’envisageait alors l’extension en dehors des Etats-Unis. Aux yeux des premiers Adventistes, l’Evangile avait été largement prêché dans le monde par les missions protestantes. De plus, la majorité des nations étant représentées aux Etats-Unis, il suffisait de s’adresser à tous ces ressortissants pour réaliser la prophétie de Jésus: “La bonne nouvelle du salut sera prêchée à toutes les nations, alors viendra la fin” (Mat 24,I4). La conviction était si forte que les immigrants rentrant dans leur pays ne savaient pas s’ils pouvaient faire part de leur foi à leurs compatriotes. Mais des groupes se constituent en Europe dès 1864. L’Afrique du Sud est atteinte la même année, la Chine en 1888, la Turquie en 1889, l’Inde en 1893.

De 5.400 en 1870, le nombre des Adventistes s’accrût au point d’atteindre 185.000 en 1920. Cinquante ans plus tard ils seront deux millions répandus sur toute la surface du globe. Aujourd’hui, on en dénombre plus de cinq millions. Ces chiffres peuvent être doublés ou triplés si l’on sait que seuls, les adultes baptisés sont inscrits dans les registres d’Eglises.

 

Des États-Unis, l’adventisme s’exporte en Europe. D’abord en Suisse puis en France. C’est le prédicateur canadien Daniel Bourdeau, qui, après avoir rejoint John Andrews à Bâle, décide d’évangéliser le Sud de la France. Il se rend à Valence en 1876 pour annoncer la bonne nouvelle du prochain retour de Jésus et celle du sabbat. Dix sept personnes s’engagent par le baptême en septembre 1877.

Depuis lors, des croyants adventistes se réunissent toujours à Valence d’où plusieurs pasteurs sortiront. Après un passage par Paris puis à la session de la Conférence générale de 1878 à Battle Creek (MichiganÉtats- Unis), Daniel Bourdeau revient dans le Sud de la France, poursuivant son action d’évangélisation à Branges (Saône et Loire) où il baptise 15 personnes en 1884 puis à Bastia (Corse) où ce sont 11 personnes qui deviennent adventistes.

À Nîmes, il installe la première tente évangélique en 1886 et sera rejoint par Ellen White. Elle y prêche du 13 au 30 octobre. D’ailleurs, c’est pour elle un véritable choc culturel de découvrir une absence de religiosité, comme elle l’écrit à sa soeur Mary, nécessitant une adaptation contextuelle. La France, avec son histoire, diffère du monde anglo-saxon. Ses conseils aux ouvriers travaillant dans ce contexte restent encore aujourd’hui pertinents. Après le baptême de 14 personnes en 1887, une église est constituée en cette ville qui jouera, avec le Gard, un rôle important dans la genèse de l’adventisme en France. En 1909, ce département compte d’ailleurs 20 % des adventistes de France avec 53 membres !

De Bâle, Jean Vuilleumier expédie en France des numéros de la nouvelle revue Signes des Temps. L’un d’eux arrive entre les mains de Louis Carayon qui, après lecture, demande la collection entière. Conquis par ce qu’il découvre, il part de Lacaze (Tarn) pour se rendre, en partie à pieds, à Bâle où en 1885 il se fait baptiser. Rentrant dans le Tarn, il témoigne et constitue une église.

Le troisième temps de mémoire concerne la création, il y a 110 ans, de la Conférence française des adventistes du septième jour en 1907 à Beauvoisin (Gard), issue de la transformation du champ français jusqu’alors mission. Les 26 délégués nomment le pasteur H. Dexter comme premier président. L’Église de France existe de manière autonome, tout en étant rattachée à l’Union latine (créée en 1902).

Un peu d’humour administratif de nos pionniers se doit d’être partagé. Lors de la deuxième session de la Conférence française, du 23 au 29 août 1909 à Vergèze (Gard), le président de l’Union Latine, Léon-Paul Tièche, propose d’organiser l’assemblée administrative pour la session présente. Mais il constate avec surprise que les membres d’église venus au camp-meeting n’ont pas reçu de lettre de délégués ; il fait remarquer que l’on devra éviter cet état de choses à l’avenir. Pour cette fois-ci seulement, il est décidé de désigner d’office les délégués parmi les présents ! Ving trois délégués sont nommés, dont 13 femmes, représentants 10 églises. Il est ensuite décidé d’omettre la lecture du rapport de l’assemblée de l’année précédente car les rapports étant publiés, ils préfèrent se focaliser sur l’avenir.

Après une séparation, en 1908, en deux entités (le champ missionnaire du Nord de la France avec environ 50 membres et la Conférence française du Midi avec 250 membres), c’est en 1917 qu’une seule structure administrative gère l’ensemble du territoire métropolitain : la Conférence des Églises adventistes du septième jour de France. Déclarée en Préfecture à Paris, c’est le quatrième temps de mémoire : un centenaire !

En 1919, suite au rattachement de l’Alsace- Moselle au territoire national, l’Église de France intègre 8 communautés supplémentaires regroupant 200 membres. Il est décidé de revenir à deux Conférences (Fédérations), l’une au Nord et l’autre au Sud.

Afin de poursuivre au mieux la mission d’annonce de la bonne nouvelle, deux institutions sont implantées en France. Le Séminaire adventiste du Salève ouvre ses portes aux étudiants en théologie en 1921 sur la commune de Collonges-sous-Salève (Haute Savoie). Ainsi les futurs pasteurs peuvent recevoir une formation de qualité pour mieux servir l’Église et la société. Les publications, tout comme le témoignage personnel, étant au coeur de l’évangélisation, en 1922 l’imprimerie située à Gland (Suisse) est transférée à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne).

Ainsi, avec ses institutions, toujours actives, et ses Fédérations (Conférences), l’Église adventiste de France métropolitaine peut se développer en accomplissant sa mission. Fin 2016, elle compte 14 672 membres et presque autant de jeunes et de sympathisants.

LES PASTEURS DE L'ÉGLISE DE CRÉTEIL

Pasteur depuis 2018

Erwin KESTNER

Pasteur en 2016 à 2018

Joël GAU

Pasteur de 2014 à 2016

Samuel SAINT-ÉLIE

Pasteurs de 2013 à 2014

Sean DOWDING et Samuel SAINT-ÉLIE

Pasteur de 2011 à 2013

Philippe LEDUC

Pasteur de 2006 à 2011

Eddy CARNEVA

Pasteur en 2006

Jean-Baptiste MIKALA

Pasteur de 2005 à 2006

Jean-Jack CHAFOGRACK

Pasteur stagiaire de 2003 à 2005

Olivier MAIRE avec André PHÉSOR

Pasteur de 2001 à 2003

André PHÉSOR

Pasteur de 1998 à 2001

Ralph SEECHURN

Pasteur en 1997 à 1998

Pascal RODET

Pasteur de 1993 à 1997

José ÉLYSÉE

Pasteur en 1993

Jean-Marie VAN HALST

Pasteur en 1993

Gilles GEORGES

Pasteur de 1992 à 1993

Jean-Paul BARQUON

Pasteur de 1991 à 1992

Roger BOURICARD

Pasteur de 1987 à 1991

Patrick LUPON

Pasteur de 1984 à 1987

Gilles GEORGES

Pasteur de 1982 à 1984

Jean-Michel LEDUC

Pasteur de 1976 à 1982

Francis Mc DOUGALL

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